La vie de Backpacker

La vie de Backpacker, ça ressemble à quoi?

 

Pas de maison pendant plusieurs mois…

Changer d’auberge de jeunesse tous les jours ou presque, et chaque soir la surprise de découvrir sa nouvelle maison pour la nuit. Je lis ou demande l’avis des autres voyageurs et me fie à leurs conseils précieux pour choisir ma maison du jour. 2 sacs qui sont mon refuge avec quelques accessoires clé comme mon téléphone qui me permet de garder le contact avec mes proches…

 

Les choses qui nous manquent… ou pas!

Sans surprise, ce n’est le manque d’espace privé, d’avoir son propre lit et ses draps à soi, de posséder beaucoup de choses matérielles, de changer de vêtements tous les jours… ce n’est pas toutes ces choses qui nous manquent le plus, mais la famille, les amis et les collègues, ces personnes auxquelles on pense et avec lesquelles on aimerait partager tel ou tel moment de son voyage.

Mais très vite, on se rend compte que l’on ne manquera de rien. Tout ce qui est matériel se trouve et s’achète si besoin, on peut vivre avec peu de choses! (Et pour les plus curieux: on lave ses vêtements à la main ou via le service de laverie dispensé par les auberges de jeunesse, c’est souvent un prix au poids, et on récupère le linge lavé, séché, presque plié, donc ultra pratique!)

 

Se détacher petit à petit du matériel…

  • 1 tee shirt perdu quelque part en Océanie, 1 autre tee-shirt foutu, jeté en Equateur…
  • 1 sac fouillé à l’aéroport avec perte de toutes sortes d’objet: tupperware, cadenas, housse du sac, et autres…
  • 2 tubes de crème solaire et spray 1 anti-moustique et demi vidé
  • 1 short foutu, jeté
  • 1 pantalon déchiré, ramené en souvenir: ça fait un style
  • 2 téléphones volés: no comment

Le bilan matériel n’est pas très lourd au final, il aurait pu être pire… En partant, je m’étais mis en tête que je pouvais tout perdre (tout le contenu de mon sac), c’est ce qui permet d’être moins affecté le jour où l’on se détache involontairement d’un élément important de son bagage… Mon conseil: prendre une bonne assurance, et pour le reste, se préparer psychologiquement à la perte…

 

Des bobos omniprésents… mais pas très gênants!

Coups, égratignures, piqûres de bêtes en tous genre, tourista, fatigue liée au trajet, à l’altitude, aux randonnées… On repousse clairement ses limites physiques un peu plus chaque jour. On oublie parfois un peu qu’il faut aussi écouter son corps et prendre soin de soi, ralentir le rythme, si besoin…

Le bilan physique de ce voyage:

  • une bonne 30aine de piqûres de moustique
  • une bonne 10aine de piqûres de sand flies, dont je garde encore les cicatrices et qui vont rester longtemps je pense…
  • une 10aine de bleus
  • 2 entorses (une à chaque cheville, pas de jaloux)
  • une belle égratignure à la cheville (les vagues qui nous ramènent sur les rochers sont terribles au Costa Rica!)
  • 3 belles touristas (Merci la Bolivie et l’Equateur)
  • quelques kilos en plus… perdus par la suite  (ben oui, faut goûter les spécialités… mais bon on est vite déçu par les pâtisseries sud- américaines!)

 

La « sexytude » à son comble…

Voyager avec pour toutes chaussures une paire de tongs et une paire de chaussures de randonnée. Voyager avec pour tout maquillage un anti-cerne, un vieux rouge à lèvre et un crayon pour les yeux. Voyager avec pour toute tenue « habillée » un legging noir et un haut un peu moins « sport » que les autres…

Voyager sans sa petite robe noire, ses jolis talons, sans sèche-cheveux, parfum, vernis à ongle…. Bref, tout ce qui peut faire que l’on se sent au mieux de son apparence quand on prend le temps de se pomponner…

Découvrir que malgré cela, on peut plaire telle que l’on est et pour ce que l’on est.

 

Une autre notion du temps?

Cela prend du temps. Au début, on veut tout voir vite et bien comme on a l’habitude de le faire pour « maximiser » son voyage. Peu à peu, on comprend que l’on ne peut pas voyager au long court comme l’on voyage pendant un court séjour. Il faut se ménager des moments de repos et des pauses dans son voyage. L’important c’est d’adopter le rythme qui nous convient.

 

Laisser la place à l’improvisation. Que vais je faire demain? aujourd’hui?

L’avantage d’avoir le temps est que l’on peut plus facilement changer de programme et laisser place à l’improvisation, chose que l’on ne fait pas habituellement dans une vie professionnelle bien remplie avec un emploi du temps serré. Se demander ce que l’on va faire chaque matin, ou même la veille pour le lendemain est déjà une grande liberté.

 

Du temps pour réfléchir et penser?

Prendre du recul nous fait voir les choses différemment. Il y a aussi ces rencontrent qui vous bouleversent, vous secouent, vous poussent à la réflexion, bref, vous bousculent. Vous commencez à vous poser des questions que vous ne vous étiez jamais posées, un peu métaphysiques je dois dire: qui suis-je vraiment, intrinsèquement. Qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie, quelles sont mes valeurs, comment est-ce que je souhaite mener ma vie? Qu’est-ce qui importe vraiment?

Au final, on a du temps, mais peu de temps vraiment « off » durant lequel on ne fait rien que de penser, en tous cas pas assez par rapport à la longue liste des questions que l’on évoquent durant son voyage. Ce n’est que le début d’une réflexion.

 

Beaucoup de rencontres sur la route et parfois une solitude bienvenue

On partage des moments privilégiés avec de nouvelles personnes tous les jours, on s’ouvre à la rencontre, y compris dans les situations les plus improbables. On profite de chaque instant, seul ou accompagné, et parfois on est juste heureux d’avoir des moments rien qu’à soi sans compris, pour faire avancer sa réflexion, justement.

 

Des arbitrages fréquents

Il faut accepter de ne pas pouvoir tout voir ou faire, notamment prendre avec philosophie les aléas climatiques… Comme cette journée perdue en Nouvelle Zélande à Franz Josef, sous une pluie battante, 24h durant qui a provoqué l’éboulement de pierres sur la route, ou bien cette rando ratée au Mont Cook, ou encore l’impossibilité d’aller au parc Tayrona en Colombie fermé pour nettoyage… Alors on fait des choix, et on apprend la résilience.

 

Du dépassement de soi

On repousse ses limites y compris dans les découvertes que l’on fait: partir seul, gravir un sommet, faire des activités un peu folles… Ce la fait partie des grandes découvertes du voyage.

La vie, ce n’est pas seulement respirer, c’est aussi avoir le souffle coupé. (Alfred Hitchcock)

 

Se sentir vivante

Voyager, ce n’est pas la vie, la vraie, enfin celle du quotidien et du travail, mais pour autant, on ne se sent jamais aussi vivant que pendant ces quelques mois où l’on touche au sens du mot liberté. Il est parfois difficile de partir, mais il s’agit d’une période de vie incroyable, qui compte triple dans une vie, qui nous change et nous fait renaître.

Voyager, c’est naître et mourir à chaque instant. (Victor Hugo)

 

Des découvertes chaque jour !

La vie de backpackers au long court c’est surtout être émerveillé chaque jour et en prendre plein les yeux un peu plus tout au long de son voyage.

Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page. (Saint-Augustin)

Voyager c’est voir le monde « plein les yeux »…